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mercredi 7 septembre 2011, par Lucile Zahnd

Daniel Baumgartner est physicien. Son travail consiste à identifier les mécanismes de traumatismes crâniens afin d’optimiser les équipements de protection. Ses résultats s’avèrent précieux pour les industries qui tentent de mettre au point des casques de vélo de plus en plus performants.

Le cyclisme représente t-il un facteur de risque important de traumatismes crâniens ? Il faut bien évidemment relativiser l’importance des accidents à vélo par rapport à la masse des cyclistes circulants. A Strasbourg par exemple, il y a en moyenne cinq accidents par jour avec des tableaux cliniques différents selon les personnes. En général, ce ne sont pas des accidents trop graves car la vitesse de ces cyclistes n’est pas trop importante. Le facteur de risque devient cependant plus élevé dans le cas d’une pratique sportive comme le VTT.

Quelles sont les faiblesses des casques de vélo actuels en terme de sécurité ? Ils sont trop rigides. Ce qui est étonnant, c’est que le polystyrène des casques de vélo est trois fois plus dense que celui du motocycliste qui pourtant doit protéger contre des chocs beaucoup plus violents. De plus les casques de vélos actuels ne protègent pas toujours bien contre les objets pointus. La coque qui entoure le polystyrène, sert plus de décoration que de protection. Pour améliorer ces casques, il faudrait assouplir le polystyrène tout en augmentant la résistance de la coque. Selon vous, pourquoi les gens sont-ils autant réfractaires au port du casque de vélo ? Ces casques sont trop encombrants. En Suisse, des ingénieurs ont mis au point un casque sous forme de bonnet en mousse. Ce prototype s’est révélé être une bonne protection pour les chutes sur surfaces planes mais inefficace pour les objets pointus. Ces résultats ont ouvert le débat à la commission éthique. On peut se demander s’il est bon de commercialiser ce type de casque sachant qu’il ne protège que partiellement mais qu’il pourrait cependant convaincre plus de gens à le porter. Sur quoi travaillez-vous spécifiquement pour améliorer ces équipements ? Je fais actuellement des tests sur les animaux ce qui me permet de savoir expérimentalement quel type de choc va créer quel type de lésion. Les résultats de ces expériences me permettent d’affiner des modèles numériques qui produisent des valeurs sur la mécanique de l’accident. Grâce à ces résultats, je fournis aux industries des critères pour concevoir leurs casques.

De plus en plus, on retrouve des matériaux composites dans les articles de sport. Ces matériaux sont-il une solution pour optimiser la protection des cyclistes ? Les matériaux composites, bien que très chers, sont clairement une piste pour optimiser la fonction de protection de ces équipements. Ils sont composés d’une ossature fibreuse à l’architecture bien particulière qui apporte à l’objet légèreté et résistance.


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